Nivaria Tejera

Itinéraire

Dans la nuit du mercredi 6 janvier 2016, à 2h10, Nivaria Tejera s'est éteinte.

Une collecte est organisée afin de réunir les fonds nécessaires pour son enterrement >>> https://www.gofundme.com/y2hshcgk

 

 

Nivaria Tejera est née en 1930 dans la ville de Cienfuegos à Cuba, de mère cubaine et de père espagnol. Marquée par les thématiques du déracinement, de la dictature et de la révolte, Nivaria Tejera, qui aura traversé plusieurs fois les océans, a construit une œuvre poétique et romanesque dont l’exil et l’errance forment le motif principal.
Elle passe son enfance à Tenerife, aux îles Canaries où la guerre civile surprend sa famille. Son père est emprisonné dans les geôles franquistes jusqu’en 1944. Le voyage du retour à Cuba se fera sans lui. Elle y publiera en 1948 son premier recueil de poésies Luces y piedras.


Quittant sa ville natale pour Paris en 1954, elle y revient en 59 lors de la révolution socialiste, elle sera d’abord secrétaire d’État à la culture de ce pays, puis attaché culturel à Paris, à Rome, avant de rompre définitivement avec Cuba lors de l’avènement du Parti unique en 1960.
Découverte par Maurice Nadeau et Claude Couffon, c’est en 1958, qu’elle publie aux Lettres nouvelles son premier roman, Le Ravin. En 1971, elle obtient le Prix Biblioteca Breve pour Somnambule du soleil - traduit par Adélaïde Blasquez -, également paru aux Lettres nouvelles. Empreint de son exil de Cuba dans les années soixante, ce roman raconte l’errance d’un jeune mulâtre dans La Havane.
En 1987 paraîtra également Fuir la spirale (Actes Sud), traduit par Saint Lu, roman métaphysique dont le personnage en proie au dédoublement erre à travers l’espace de l’exil parisien mais surtout à travers le Temps…
L’écriture de Nivaria Tejera se caractérise par le goût de l’expérimentation, le décloisonnement des genres et la radicalité politique comme forme de liberté.

 

////////////////////////////////

 

Cette nuit, Nivaria Tejera s'est éteinte. 

Il nous reste ses textes. Rares. Pour nous, essentiels. Comme ils l'étaient pour elle.

De ses premiers recueils de poésie édités à Cuba aux débuts des années 50, à son arrivée en France et la parution du "Ravin", son premier roman, publié en 1959 par Maurice Nadeau, jusqu'à la parution de "Trouver un autre nom à l'amour", en octobre dernier à La Contre Allée, c'est une vie consacrée à l'écriture. 

Avant d'être publiée dans sa langue, la plupart de ses textes ont d'abord été édités en français. Sa vie est marquée par l'exil. 

Je ne remercierai jamais assez Claude Couffon, Adélaïde Blasquez, Jean-Marie Saint-Lu, Nicole Laurent Catrice et François Vallée, ses traducteurs successifs.

 

Celles et ceux qui ont pu lire Nivaria savent que c'est une expérience inoubliable. La rencontre avec une voix aussi singulière demande naturellement d'y consacrer ce que l'on ne s'accorde que peu, du temps. Le temps de la relecture. Il faut du temps pour faire connaissance. De l'autre comme de soi. Et s'accorder.

 

Découvrir "Fuir la spirale", paru en 1986 aux éditions Actes Sud, fut un choc. Il en résulte une de ces rencontres fondatrices et une promesse. Celle de fonder notre maison, La Contre Allée. Et de ré-éditer son oeuvre.

Après la réédition du "Ravin" et l'édition du seul inédit, "Trouver un autre nom à l'amour", il nous reste fort heureusement beaucoup de travail et ainsi, du temps à passer avec elle. 

 

Nous pensons à elle, lumineuse et exigeante. 

À son compagnon, sa famille, ses ami-e-s proches. 

 

Mercredi 6 janvier 2016.

Pour la petite équipe de La Contre Allée

Benoît Verhille,

 

Inventaire

Editions françaises

Paris Scarabée, traduit de l'espagnol (Cuba) par Nicole Laurent Catrice, Ed. Ulysse/Fin de Siècle, 1995.

Fuir la spirale, traduit de l'espagnol (Cuba) par jean-Marie Saint-Lu, Ed. Actes Sud, 1986.

Téléchargement

Contributions Vous pouvez enrichir le fonds de ressources en nous envoyant tout document