Genre : Roman

Putain d'indépendance !

 

"Livré à moi même dans ce tourbillon révolutionnaire, j’anticipais, en une foulée euphorique, sur cet événement extravagant, qui, je croyais, allait me propulser manu militari dans les bras d’un printemps définitivement symphonique"

 

Putain d’indépendance !, c’est l’aspiration d’un homme et d’un pays qui veulent enfin devenir eux-mêmes, c’est-à-dire "autres". Un homme qui grandit en même temps que son pays, en proie aux mêmes rêves, dans une errance commune.
En 1962, le F.L.N. accède au pouvoir et proclame l’indépendance dans une liesse populaire qui ne résistera pas aux lendemains incertains. « Les pays coloniaux conquièrent leur indépendance, là est l’épopée. L’indépendance conquise, ici commence la tragédie. » (Aimé Césaire)

Témoignage incisif, Putain d’indépendance ! est le récit implacable d’une révolution confisquée. L’humour avec lequel l’auteur brosse, dans des scènes tragi-comiques, la vie d’un « Algérien indépendant », ajoute à la qualité d’une écriture qui se révèle avec ce premier roman.

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Ces vies-là

Direction d'ouvrage Marielle Leroy


« Elle aurait voulu que nous n’assistions pas à son inquiétante apathie, au présage sans remède d’un final de dévastation. Qui s’accompagne, et elle n’échappait pas à la règle, d’une ineffable vocation pour la cruauté. Le terrain des détails domestiques constitue le champ de bataille où s’affrontaient ses forces à elle et celles des autres. À elle.
Elle, c’est ma mère, elle était en train de mourir depuis qu’un an auparavant elle avait fait une chute dans les escaliers et commencé à mourir de peur. Juste de peur. La tumeur allait venir plus tard, comme viendraient plus tard les papiers qui parlaient de la condamnation de mon père à une peine de prison, dont je n’ aurais jamais soupçonné l’existence. »

Une mémoire familiale qui exhume une mémoire collective, et c’est toute l’histoire récente de l’Espagne qui refait surface à travers Ces vies-là.

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Ca nous apprendra à naître dans le Nord

 

« —  J’ai une de ces pressions… Et mes ancêtres besogneux qui n’ont toujours pas quitté mon bureau.
— T’as des ancêtres ouvriers, toi ?
— Quand t’es née dans le Nord, t’as forcément des ouvriers qui se raccrochent désespérément aux branches de ton arbre généalogique, un sandwich à l’omelette à la main. »


Les tribulations de deux auteures au caractère bien trempé, aux prises avec une commande d’écriture à quatre mains sur un quartier à l’histoire ouvrière en berne.
On s’amuse des rendez-vous ritualisés qu’elles se fixent dans tous les cafés du coin pour y faire le point sur l’avancée de leurs investigations. Un comique de situation largement exploité dans leurs échanges à bâtons rompus autour d’une histoire en train de s’écrire, de personnages en mal de dramaturgie, ou encore de conflits d’égo…
Les difficultés de l’exercice de la commande sont traitées au fil de dialogues doux amers vivifiants qui nous invitent dans l’envers du décor.  Si la fiction s’inscrit ici dans une forme de réalité, c’est bien elle qui l’emporte, au final.

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