Blog 68 Premières Fois

L’ODEUR DE CHLORE – IRMA PELATAN

Ensemble d'avis de lecture, publié sur le blog 68 Premières Fois, le 3 juin 2019

 

« C’est là que j’ai découvert la voix en moi, ma voix mentale. Là, et aussi à l’endormissement – voix tenace qui raconte le monde. »



L’Odeur de chlore, c’est la piscine comme une église, le sport comme une prière extrême, le corps comme désacralisé, repoussé jusqu’aux limites de l’enfermement, l’illusion de la liberté.

C’est aussi ce lieu imaginé comme une matrice aux proportions parfaites, illusion de la perfection des corps, qui porte pourtant nos corps inadaptés.

« Je voudrais faire le récit de cette mort, la seule chose intéressante, c’est le récit de la brutalité assumée, les raisons qui font qu’on saute alors qu’on sait qu’on se fera mal, que ce n’est pas agréable. Qu’on se voit beau, triomphant aux yeux des autres alors que la seule vraie expérience est celle de pantin ridicule, de chose sans volonté. »

Un texte comme une expérience, qui semble vouloir aller chercher à l’intérieur des enveloppes, celle du corps et celle d’un bâtiment.

« Sous la surface, je m’ouvre immédiatement, je lâche de l’air en bulles brillantes et soudain, un ciseau puissant puis j’ondule, je nage sous la surface, je me glisse dans cet espace que j’aime ; le choc absorbé, reste la liberté. »  – Amélie Muller


 

Pas facile de parler de ce tout petit livre, ce « récit, enfin cette chronique, ce machin tant de fois suspendu« , selon les propres mots de l’auteure. Certains le trouveront trop lent, ennuyeux peut-être.

Personnellement j’ai plongé sans trop savoir où j’allais – moi qui associe encore la piscine au ventre noué les jours de sortie avec la classe -, je me suis laissé guider et j’ai apprécié mon saut dans l’eau turquoise et chlorée (cette couverture !).

Ce texte raconte le corps dans une piscine mais pas n’importe quel corps et pas n’importe quelle piscine. Le corps de la narratrice, pendant des années, depuis sa tendre enfance jusqu’à l’âge adulte (trois fois semaine pour l’entraînement en compétition, ça en fait des longueurs). Un corps trop ou pas assez, un corps changeant. Et la piscine imaginée par Le Corbusier en 1945, à Firminy, dont toutes les proportions ont été pensées pour satisfaire au standard de référence, le Modulor, correspondant à un homme de 1 mètre 83 (on est loin du corps de la narratrice).

Un texte très délicat et pudique pour raconter les souvenirs même les plus douloureux (dont un, pages 89-90 qui justifie, peut-être, à lui seul l’écriture de ce texte mais évoqué avec tellement de délicatesse que le lecteur peut passer à côté – j’ai été obligée de relire ce passage, je voulais être certaine d’avoir bien compris), un monde de lignes, d’eau, de chlore, perdu dans les profondeurs de l’enfance.

Plongée, certes exigeante, mais tout à fait réussie en ce qui me concerne. – Laetitia Badinand

 

 

Irma Pelatan a écrit ce quelque chose qui ne peut s’exprimer mais dans lequel on plonge littéralement comme on plonge dans cette piscine dessinée par Le Corbusier, dans ses souvenirs d’enfance, ceux de son corps qui devient, change, mute, fait de l’adolescence une femme aux courbes arrondies, dépassées et excédantes, aux limites du cercle rond tel celui du grand architecte.

Une ode inversée à l’étalonnage mesuré, standardisé, à l’idéal, la perfection, la compétition des corps et des défis, des limites et des peurs, au dépassement de soi. Une ode douce, tendre, infinie, comme une onde aquatique, celle d’une écriture pure, simple, dépouillée telle que l’aurait architecturée, assemblée. Une écriture comme l’élément moteur et inépuisable, l’élément à la fois vulnérable, sensible, solide, impressionnant. L’eau et l’écriture comme un défi à soi, sur soi, pour soi, une liberté acquise.

Une odeur de chlore qui nous prend le corps, ne nous quitte pas, nous retourne dans sa largeur, ses longueurs qui s’additionnent au fur et à mesure des mouvements de bras et jambes. Libérée de toutes sagesses. Délicat et percutant. Atypique. Tendre. Impudique pudique. Élégant. Une brasse coulée devenant indienne, féminine. Une sculpture aquatique où la cadence, le rythme, la noyade, la résurgence, la folie, la volonté, la colère illumine la beauté d’une liberté criée, gagnée, retrouvée, tendre. Une voix mentale, en soi, tenace qui raconte un monde, une naissance, une écriture, un espace sans limite sauvage et profond, poétique. Une transe aquatique.

“ Et mon corps toujours déborde.”  – Sabine Faulmeyer

 


Dans cet espace aquatique, une petite fille devient femme. À force de longueurs, elle voit ce corps qui change, se modifie, évolue et se forge. Peut-être frôle-t-elle la perfection dans ce lieu si normalisé. « Comment mon corps peut-il être un mystère à moi-même ? » En un court récit, Irma Pelatan, dessine le parcours du corps. Captivée par son rôle et son devenir au fil de sa vie. Comment il se comporte face à la nature des choses et la place qu’il a parmi les autres. C’est bref et il n’en fallait pas plus pour ce texte tout en pudeur. Le rapport du corps à soi et aux autres n’a plus le même goût après cette lecture.- Héliéna Gas

 


Sublime, intime, étonnamment aérien, ce récit d’Irma Pelatan est un plongeon gracieux dans une piscine des plus mythiques. « N’accablez donc pas celui qui veut prendre sa part des risques de la vie. » « Le Corbusier » « Poème de l’angle droit » Bâtisseur de cet antre emblématique dont les plans, enluminures de renom encensent ce bijou littéraire. L’écriture est ciselée, claire, une brasse vénitienne souple et légère. Le ton féminin à peine éclos, en mutation gracile vers cet âge adulte est cette voix qui résonne en écho dans cette piscine parabolique. Il y a dans ce style mature la sagacité et l’envergure d’Annie Ernaux. On sent une jeune sportive en quête d’elle-même dans une initiation allouée au courage et à la transformation symbolique de son corps, Naïade en manichéenne envergure, fragile et courageuse à la fois. L’eau devient le reflet d’une introspection, bataille et reconnaissance. Symbiose de la vie, le corps plongé en elle, l’enfant devient Néréide, femme en puissance. « Je nageais seule, lumières éteintes, dans l’eau sans hiérarchie, l’eau sans limites. J’aurai sans doute pu suivre ce chemin-là. La belle profession. »Le Corbusier en filigrane dans « L’odeur de chlore » est l’hommage rendu à la nage exutoire. Ce récit est une échappée dans les profondeurs où l’Ondine défie la nageuse où la nageuse défie l’enfance qui s’échappe en brasses des plus voluptueuses. »Maintenant je le sais et reste la liberté. Si tu savais comme je suis bien. » Le lecteur est ému, troublé, grandissant, serein aussi à contrario. Il pressent détenir dans l’accord du point final, cette formidable conviction que le sport est une porte qui s’ouvre sur le monde. Que l’effort est une bataille contre ses propres angoisses. Le refoulement d’une enfance qui s ‘en va en laissant des messages sur l’eau générationnelle. Ce récit d’apprentissage est une valeur sûre, des confidences allouées en Odeur de chlore. A lire près d’une piscine et vous verrez comme tout change !  – Evelyne Leraut

 


Avec «L’odeur du chlore», Irma Pelatan fait resurgir ses souvenirs au rythme des longueurs de piscine et, au fur et à mesure que son corps se transforme, nous raconte l’ambition architecturale du Corbusier.

Lors de la réunion du jury du Prix Orange du Livre 2019, nous avons eu un intéressant débat – notamment avec le sauteurs présents – sur les livres entrant dans la sélection et sur le définition d’un roman. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que le débat pourrait aussi mettre en cause L’odeur de chlore. Pour résumer le choix fait par le jury, il n’y a pas de distinction à faire entre un récit, un récit de voyage, une chronique ou une expérience vécue à condition qu’il s’agisse d’une œuvre littéraire, ce en quoi ce court récit répond indubitablement, car il est construit sur la recherche stylistique, sur le rythme imposé par la natation. On pourrait même le rapprocher de À la ligne de Joseph Ponthus, cet autre exercice de style qui par son écriture rend déjà compte de l’ambiance, du milieu décrit.

Nous voilà cette fois à Firminy, petite ville du Massif central dont la notoriété, après la fermeture des aciéries, tient au prix national d’urbanisme décerné à la ville en 1962 pour un ensemble architectural dessiné par Le Corbusier et comprenant notamment, outre des immeubles d’habitation, des équipements collectifs et une église – qui ne sera terminée que bien longtemps après la mort de son concepteur.

Parmi les équipements collectifs figure la piscine dont il est question dans ce récit.

Pour la narratrice et pour sa famille, la piscine devient très vite un cocon protecteur: «Quand j’étais de l’autre côté de la vitre, je sentais (…) qu’il y avait une grande force à se montrer presque nue face aux habillés. La vitre était une protection, me rendait inatteignable.»

Membre du Club des Dauphins, c’est là qu’elle va voir son corps se développer, prendre conscience de sa féminité grandissante. «Mon corps est devenu celui d’une femme. Cette piscine a vu mon corps se faire femme, semaine après semaine, elle a vu mes seins pousser, mes hanches naître, elle a su mes règles. Et, de tout aussi loin, elle a vu mon corps grandir et grossir, échapper à la courbe, devenir trop, devenir autre, quitter la norme.»

Au fur et à mesure des longueurs effectuées, des progrès réalisés, des confrontations victorieuses, on se prend à rêver, à faire de cet endroit le point de départ vers d’autres voyages. «On soufflait de l’eau chlorée par les narines, mais ça voulait dire la mer. Ça voulait dire la puissance de la mer, le sel de la mer, la majesté de la mer. L’espace sans limite.» La mer où Le Corbusier finira par mourir, laissant à André Wogenscky le soin de conclure son œuvre et à Irma Pelatan de comprendre que les apparences sont quelquefois trompeuses, y compris lorsque l’on veut être l’architecte de sa vie. – Henri-Charles Dahlem

 


Un texte qui se lit rapidement, riche en images et symboles tant l’évolution physique de la narratrice comme son état d’esprit y développent un sens du symbolisme et de la métaphore.

Pour qui que ce soit qui a connu aussi ces cours ou ses sorties à la piscine, enfant puis adolescent, les rapides chapitres de ce livre reflètent parfaitement nos propres sentiments. Cette piscine, en plus d’un architecte prestigieux dans sa conception, est bien un monde à la fois magique, mystérieux et le cadre des évolutions corporelles de la narratrice. Une sorte de prolongation naturelle du liquide amniotique maternelle, c’est par l’effort que la narratrice, sa sœur, ses premiers petits amis mettent à parcourir, sans fin, ses longueurs de bassin que cette communauté, ses rites, ses challenges existe et se différencie du reste du monde qui les entoure.

Jamais je n’ai eu l’occasion de lire un tel ouvrage sur le milieu d’une piscine municipale…

Je vais me remettre à la natation….. – Olivier Bihl

 


La piscine, la piscine, quand on en fait une discipline de jeunesse, c’est bien. Mais, dès que l’on ressent du stress pour y aller, pour supporter le coach, et les parents qui vous poussent à longueur d’année, il faut s’arrêter sans tarder sinon ça devient vite l’enfer, une sorte de prison en fait.

Un texte qui se lit rapidement parce-que bien écrit, mais il ne m’a rien apporté, si ce n’est de me ramener à mes souvenirs d’enfance, où à l’école primaire nous avions cours de natation, où si l’on ne voulait pas plonger, on était poussé par le maître nageur dans le grand bassin. Et là évidement des plats qui faisaient mal, il y en a eu !!!

L’enfermement et l’envie de hurler contre ces adultes, est là. Mais la discipline obligatoire pour ce gendre d’activité forge le caractère et l’endurance du corps.

Est-ce un bien ou un mal toute la question est là ! – Brigitte Belvèze

 


Enfant, adolescente puis jeune femme, Irma Pelatan, l’auteur de ce texte étrange, a nagé plusieurs fois par semaine dans la grande piscine de Firminy.

Elle raconte tout au long de ces 98 pages, avec une écriture légère et aérienne, ses souvenirs de nageuse.

On se rappelle alors nous aussi l’odeur particulière qu’il règne dans ces établissements, les grands vestiaires, les bracelets de plastique attribuant un casier et les heures passées dans l’eau, nos doigts fripés et nos cheveux mouillés à la sortie…

Mais j’ai malheureusement peu accroché à ce court texte et je pense être passée à côté de ce que l’auteur voulait nous dire… – Audrey Lire & Vous

 


Ce livre est assez atypique. Une ancienne nageuse nous raconte ses souvenirs d’enfance à la piscine, de manière décousue, comme si on avait glissé dans une conversation “ah tu as fait de la natation ? Tu me racontes”, et les souvenirs déboulent. De beaux souvenirs comme la sensation d’être dans l’eau, de se dépasser. Des souvenirs plus douloureux, les regards des autres, le souffle coupé…

J’ai vraiment eu cette sensation de conversation avec l’auteure, plus que le sentiment de lire un roman. Je ne saurai dire si c’est volontaire de la part de l’auteure ou non. Ce fil de pensées est déroutant au premier abord, on ne sait pas où l’on va, il n’y a pas d’action a proprement parler mais vraiment cette idée de se rappeler.

J’ai fait du sport en compétition et ce livre m’a parlé, il m’a rappelé de nombreux moments. Je pense que ce livre peut décontenancer, mais on peut être touché par celui ci, en particulier si on a connu le monde de la compétition durant l’adolescence. Ce livre est parfait pour une soirée où l’on est nostalgique, c’est une entrevue qui vaut le coup, le temps de quelques longueurs.

Merci pour ces souvenirs !  – Marion Catherinet

 

 

L’odeur de chlore pour Irma Pelatan c’est l’odeur des souvenirs, ceux de l’enfance et de l’adolescence- sa madeleine de Proust. Le chlore de la piscine, une piscine à l’architecture exceptionnelle, Le Modulor, signé Le Corbusier – avec ses courbes, son plafond à lames, son bassin dans lequel elle évolue trois fois par semaine.

La piscine est ici un monde à part, une sorte de bulle dans laquelle Irma plonge à l’envi. Il y a « le monde des habillés  » et « le monde des dévêtus « , le sien- il y a le monde des « baigneurs  » et le monde des « nageurs « , le sien également, celui où l’ « espace mental  » est différent, ailleurs, dans lequel le corps est entièrement dévoué à l’effort et aux longueurs inlassablement répétées. Les rapports à cette piscine sont complexes et ambivalents: c’est fascinant, quasi sensuel, étouffant, violent…

Bref, c’est le lieu des sensations aiguës et exacerbées- et surtout le témoin des changements du corps d’ Irma, des souffrances, des complexes, des bonheurs, de l’épanouissement… une métaphore de l’apprentissage de la vie.

Une ode à la liberté, une ode à la piscine Le Corbusier à Firminy. Une très courte lecture que j’aurais aimé prolonger. – Sandra Moncelet



Tout petit livre mais sujet inédit : comment l’évolution du corps d’une fillette, puis d’une ado, peut être perçue lors de son activité principale, la natation. A cela se superpose de façon quasi fantastique la construction vue par l’architecte Le Corbusier, concepteur de la piscine de Firminy (Loire). Les lignes du corps et celles de l’œuvre se répondent et évoluent en parallèle, perturbantes, dérangeantes, séduisantes, inachevées, autant pour Le Corbusier qui mourut avant la réalisation que pour Irma, dont le corps et l’esprit sont en perpétuelle évolution.

Il y a quelque chose de poétique dans ce texte, écrit d’une manière fluide et légère. Pour autant, on a l’impression d’un non-dit important, perturbant, chez cette gamine qui ressent si fort les choses, à ce point que je me suis demandé si quelque chose d’intolérable ne s’était pas produit dans son entourage immédiat. Comment explique-t-on qu’elle soit devenue obèse, comme si l’objectif était d’enfin recouvrir ce corps si longuement exposé ?

Par ailleurs elle évoque sans ambiguïté ses émotions de sportive du haut du plongeon, la souffrance physique et les efforts consentis, l’ambiance du « collectif » et des compétitions.

Un petit livre qui nous entraîne dans un milieu très particulier, où domine l’odeur de chlore, celle qui imprègne absolument tout et reste littéralement en elle, et non l’odeur du chlore (nettement plus restrictif) comme on le lit dans la plupart des commentaires internet sur ce livre.

Une découverte, mais pas un grand livre. Attendons la suite ! – Evelyne Grandigneaux

 


Singulier comme cette piscine voulue par Le Corbusier. En 1958, il renonce au mètre étalon et se donne pour mesure le Moludor, ou la taille d’un homme d’un mètre quatre-vingt-trois… (hum, et pourquoi pas d’une femme d’un mètre et quelque ?) Piscine qui n’a pas été construite par Le Corbusier, mais par son ami et élève André Wogensky entre 1969 et 1971. Bref, cette piscine située dans le village de Firminy vert, dans la Loire, est le lieu où l’auteur va vivre des heures dans l’eau, sous l’eau, autour de l’eau, qui rythme et ponctue ses années d’enfance, d’adolescence…

 

J’aurais donc appris cela de cet étonnant récit – roman ? ou je ne sais quoi – puisque l’auteur pose sur la feuille des mots et des sentiments comme jetés à la suite les uns des autres. Irma Pelatan se souvient et égrène des souvenirs, des odeurs, celle du chlore bien sûr, mais d’autres aussi, des visions de traces de sang, de pieds tailladés par le carrelage, de viol sans doute, à peine évoqué en une page mais fort et tellement troublant, de couloir courbe, du plaisir de s’exhiber comme les garçons sur ce plongeoir vertigineux avec deux cent yeux tournés vers elle. Et les années sont passées par-là, les rondeurs et les douleurs aussi dans ce corps qui aujourd’hui déborde.

 

Au milieu des bonnets de bain en plastique et des adolescents boutonneux qui s’éveillent aux autres, je me suis pourtant un peu perdue, les doigts fripés par l’eau trop froide, dans ces odeurs de chlore et de marées. – Dominique Sudre

 

 

C’est l’histoire d’une piscine, celle de Firminy-vert, conçue par Le Corbusier et réalisée par son disciple André Wogenscky. C’est l’histoire d’une jeune fille qui y nage trois fois par semaine toute son enfance et son adolescence. Piscine et nageuse sont intimement liés, c’est ce que raconte Irma Pelatan dans ces presque cent pages où elle évoque l’architecture particulière de ces lieux élaborés sous la mesure du Molitor, les carrelages coupants, les vestiaires collectifs, son corps, l’eau, sa sœur, les longueurs enchaînées sur plusieurs kilomètres. Le tout donne un ensemble indéfinissable, une sorte de patchwork aux camaïeux de bleu, dont le but est multiple : rendre hommage au créateur de la Cité radieuse et à son élève, parler de la pratique sportive imposée par le père, et parler du corps, le sien, celui des nageurs, et celui de l’homme idéal d’un mètre quatre-vingt-trois qui a servi d’étalon à Le Corbusier. Un récit inclassable, autobiographique assurément, dont la lecture se fait avec l’aisance du nageur fendant l’eau d’un crawl souple et régulier. – Emmanuelle Bastien

 

 

L’auteure nous relate dans ce court récit l’évolution de son corps de sa petite enfance jusqu’à ce qu’elle devienne une femme. Ces longueurs de bassin effectuées trois fois par semaine dans la belle piscine de Firminy imaginée par Le Corbusier.

Sa transformation du début d’enfance où très fière, elle nageait dans les lignes pendant que d’autres restaient dans l’autre partie du bassin pour s’amuser.

Rester avec ses amis, elle est très proche des garçons , et plonger à se faire peur, l’adolescence passe et le corps change. On se sent mieux dans l’eau et terminer avec un corps que l’on a envie de dissimuler. La piscine est toujours présente et bienveillante.

Ce récit est précis, net et concis, agréable à lire.

Un livre véritable OVNI parmi les 68 premières fois, et c’est ce qui est intéressant. – Hélène Grenier

 

 

Un premier roman qui parle du corps.

 

Un si beau texte, à l’écriture précise, resserrée mais qui dit tant.

Un texte dans lequel on s’intéresse à ce que le corps est, ce qu’il ressent avant la tête, comment il change, nous accompagne ou nous entrave.

Un texte où la respiration, les pages blanches, nous maintient à flot. Un texte comme un corps sous tension mais pudique et délicat.

 

J’ai retenu plusieurs passages. Dont celui-ci :

« C’est là que j’ai découvert la voix en moi, ma voix mentale. Là, et aussi à l’endormissement – voix tenace qui raconte le monde. » – Hélène Goalen

 


J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce « roman » cependant pour moi il ne s’agit pas vraiment d’un roman puisque dans ma définition de roman se trouve une histoire. Ici j’ai plutôt assisté à la remémoration de souvenirs, à la description d’un lieu. D’ailleurs, l’auteur parle de « chronique », ce n’est à mon avis, pas du tout un hasard.

L’exercice m’a vraiment séduite mais lorsque je suis arrivée au dernière page j’attendais une chute. Je ne suis pas habituée à lire ce type d’ouvrage.

Le style est vraiment agréable, chaque mot, chaque adjectif est parfaitement bien choisi. On a l’impression d’être spectateur de la vie d’une piscine ! Bravo ! – Nina Busson Boulonne

 

 

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