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Un billet de blog posté par l'épistoléro le 29 novemvre 2015 :

" Non mais vraiment qu'est ce qui t'a pris. D'aller mourir à Rimini ?" (extrait d'une chanson des Wampas, Rimini)

Ce livre a l’économie de la poésie et une précision toute sportive. C’est un livre qu’on couve des yeux dès sa couverture : jaune et jolie. Pas une couverture à deux sous, mais à deux roues (vertes).

Son format en fait un presque livre de poche. Ça tombe bien bien : il parle d’un grimpeur de poche, fort d’un allant pédalant.

Marco Pantini, c’est son nom.

A l’heure où les cotes de popularité se dopent sans scrupule, c’est l’histoire d’un coureur qui avait des ascensions populaires mais que la dope a rattrapé. Un lutin à la carrure Carrera qui joua, sa vie sportive durant, avec sa grinta de grimpeur. L’ivre de poche atteignit des sommets avec maestria.

C’était un homme fait pour le vélo. Il suivait les préceptes d’un vieil italien nommé Horace : "Pas un jour sans une adrénaline" (nulla dies, sine adrenalina). Durant sa carrière, pas question pour lui de se pelotonner dans le peloton. Il préféra consacrer son temps au jaillissement, au coup de rein solitaire, à l’exploit épique. Son étoffe de héros l’attifait pour la joie des tifosis et ses surnoms, du coup, sentaient une belle poudre : le petit diable, le pirate, le petit éléphant (qui oublia, hélas, la porcelaine de sa vie).

Malgré ses succès, c’est un homme qui, pourtant, connut la chute tout au long de sa vie. La chute physique, souvent ; la chute morale, terriblement.

Ses petits capitoles cyclistes eurent tous leur roche tarpéienne. Et puis ce drôle de tarpé fut eclipsé par l'EPO. Ce coureur mal armé pour le juteux business sportif aurait pu en vouloir à ces anabolis bibelots d’inanité sonore. Ou se protéger d'un confus "à l'insu de ma grinta !" Mais ce champion était taciturne et ne fit que souffrir en silence. Peu à peu, le cœur vaincu du vainqueur passa par dessus les barrières du spectacle pour flirter avec les barreaux de la justice. On tombe, on se relève et puis on tombe une fois de trop.

C’est cette prise-là que Pantani n’a pas su débranché. Jusqu’à sa fin à Rimini.

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