Eulalie

Un article de Céline Telliez, pour la revue Eulalie, la revue du Centre régional des lettres et du livre du nord Pas-de-Calais, à propos de J'ai peur de savoir lire (Ecole des loisirs) et Ecrire une histoire :

Au fond, ce que nous apprenons, et que nous savons déjà, en lisant ces deux ouvrages d'Olivier de Solminihac, c'est que lire et écrire sont les deux plus grandes formes de liberté qui soient. En s'adressant au lecteur enfant trébuchant devant le vertige de l'autonomie, au lecteur multivore que nous sommes devenu, ou à l'écrivain(e) oscillant toujours entre souffrance et euphorie, Olivier de Solminihac explique avec une aisance captivante que lorsque l'histoire nous emprisonne (l'image de la prison revient dans chacun des ouvrages), elle nous rend libre et nous fait homme. Dans J'ai peur de savoir lire, Stéphane est en CE2, un élève comme les autres à qui sa maman propose un soir de lire avec lui. C'est le chapitre "S'élancer". Puis arrive le jour, après tant de livres dévorés, où sa maman lui annonce que désormais il devra lire tout seul. Suivent les chapitres "Partir" jusqu'au dernier, "Grandir". Grandir pour être seul avec les mots. Dans Ecrire une histoire, Olivier de Solminihac s'interroge sur le processus d'écriture, et chaque fois qu'il pense avoir trouvé, il se remet en cause et s'interroge à nouveau, agrandissant sa toile. le propos, intelligent et amusant à la fois, n'est pas si différent de celui de l'ouvrage précédent : les histoires n'invitent-elles pas l'écrivain, un peu comme la mère de Stéphane le pousse à grandire, "à danser" sans cesse, bercé par le désir bienveillant du lecteur ?

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