Eulalie

Par Françoise Objois pour Eulalie

 

 

Elle qui se pensait immunisée contre la maternité, la voilà enceinte ! Basculement du monde, angoisses, interrogations, une femme se débat contre l'idée de procréation considérant, suite à une histoire familiale difficile que l'on devine en filigrane, que "la moindre des politesses quand on met un enfant au monde, c'est de lui fournir un kit de survie". Amandine Dhée, féministe convaincue, ose dire avec style et simplicité "la violence d'être habitée par un autre" et celle d'avoir l'impression d'être dépossédée de son corps. Au fil des mois, elle analyse la situation tout en refusant les rôles que la société attribue traditionnellement au père et à la mère. Elle raconte tout avec la pointe de dérision pas facile à cultiver dans ces circonstances. Lâche un "putain que ça fait mal" et le bébé arrive… L'aventure de la vie à deux, celle de la mère et de l'enfant ne fait que commencer. Et s'il ne l'aimait pas, et si elle n'était pas une bonne mère ? Il faut inventer une relation avec l'enfant et soi-même, le temps de s'apercevoir que "notre corps commence et finit entre les mains des autres". Amandine apprend aussi que "le bébé ferme les yeux sur nos fêlures" et qu'il est, ce bébé, sans prénom tout au long du livre, "un fulgurent remède au cynisme" et un accélérateur de lien social. Mais attention, pas question de rentrer dans le rang pour autant et de n'être qu'une maman, encore moins une mère parfaite. Il s'agit que le bébé ne colonise pas son cerveau pour laisser l'imaginaire s'y réinstaller. Et par-dessus tout ne jamais perdre son identité, celle de la femme brouillon que l'on a toujours été.

Téléchargement

Pour aller plus loin