Laura Alcoba, Manèges : petite histoire de l’Argentine, Gallimard. 2007

Présentation de l'éditeur

" Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit.
Pour la trappe clans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal.
Je n'ai que sept ans mais j'ai compris à quel point il est important de se taire. "

La Plata, Argentine, 1975, peu avant le coup d’Etat militaire et le début de la « sale guerre » menée par la junte contre les opposants.
La narratrice a huit ans. Ses parents appartiennent au mouvement péroniste des Montoneros, principale cible de la répression. Ils passent leur temps à se cacher, à déjouer les filatures et les délations. Dépositaire de secrets qui la dépassent mais dont elle imagine la gravité, cette petite fille ne doit se confier à personne, n’a pas d’amis, change de maison et de nom. Quand son père est arrêté, elle s’installe avec sa mère dans la banlieue de La Plata, dans une maison occupée par deux responsables Montoneros, Diana et Cacho.
Le coup d’Etat prévisible arrive, et la répression est décuplée. La maison est un lieu stratégique pour les Montoneros : on y a caché la principale imprimerie du mouvement, derrière les clapiers d’un élevage de lapins.
La fillette s’enfonce dans le silence et la solitude, entourée par des adultes terrorisés qui vont et viennent et l’accusent de les mettre en danger. Sa mère se décide à partir en France avec elle. Peu de temps après, la « maison aux lapins » est investie par l’armée qui y fait un carnage. Diana, Cacho et plusieurs camarades sont abattus. Le bébé de Diana est volé par les militaires, comme des milliers d’autres durant cette période.

 

Biographie de l'auteur

Née en 1968, Laura Alcoba a, vécu en Argentine jusqu'à l'âge de dix ans. Dans Manèges, elle évoque un épisode de son enfance.