Le Canard Enchaîné

Un article de Frédéric Pagès dans le Canard Enchaîné du 26 janvier :

"Pourquoi, sous prétexte que j'ai un utérus, dois-je porter une telle responsabilité ? Le père du bébé aurait fait une bien meilleure mère. Son instinct de sacrifice est plus développé." Il est interdit d'être brouillon! La femme enceinte, la jeune mère doit être parfaite, être heureuse en permanence et accepter l'admiration envahissante des humains ("Mon ventre bascule dnas le domaine public. Dans les transports en commun, des gangs de mamies fondent sur nous"). Placée sous la sauvegarde du public ("Combien de mères doivent se cacher pour fumer?").

Dans ce court texte à l'écriture délicieusement piquante, Amandine Dhée fait des pointes et des arabesques cocasses.

Pas de lait aux mamelles? Puéricultrtice, pédiatre, et sage-femme sont unanimes : "C'est psychologique." "Fières de faire état de leurs connaissances en ce domaine, elles se promènent dans mon inconscient comme dans un jardin public", note la primipare accablée ("La mère est irremplaçable et, ça tombe bien, personne ne veut la remplacer"). Rien d'énervé ou de désespéré : quand elle regarde sa créature, l'auteure y voit "un remède au cynisme" ("Son enchantement me contamine").

Côté couple, c'est morne plaine ("Nous sommes devenus de supers parents qui ne baisent plus."). Mais la guérison est au bout du chemin : "Je décapite la mère parfaite qui menace en moi (...). Epuisée de simuler tant de normalité, je suis encore une femme brouillon. C'est parfait."

Heureuse, malheureuse, valorisée, piétinée, la femme est donc un être humain comme tout le onde. Surtout quand elle est enceinte.

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