L'Humanité

Entretien réalisé par 
Muriel Steinmetz, paru jeudi, 30 juillet 2015.

Haïti est une blessure et une jouissance que je porte en moi

L’écrivain haïtien Makenzy Orcel publie a Nuit des terrasses, un recueil de poèmes enflammés 
par l’alcool qui délie toujours la langue. Il nous en parle.

Il existe depuis toujours une littérature du bar et de l’alcool. D’Hemingway à Baudelaire en passant par Verlaine, la liste est longue. Est-ce qu’on fréquente les bars et est-ce qu’on boit pour rencontrer l’autre ou pour s’isoler ? Est-ce que ça ne peut pas être les deux à la fois ?

Makenzy Orcel Je vais dans les bars pour rêver, pour me rencontrer en tant que réalité individuelle et collective. On nous a longtemps habitués à la figure de l’écrivain qui boit ou qui traîne avec une clope au bec. Je ne partage pas ce cliché qui veut que les grands auteurs soient aussi de grands buveurs. Plus que le livre d’un buveur sur l’alcool, la Nuit des terrasses est le livre d’un viveur sur la vie. Comme Hemingway ou Carl Brouard, j’aime la littérature, la fête et « les liqueurs fortes / la nudité mouvante des tables ». La quête du sens en poésie passe par l’extase. L’extase du corps et celle de la langue. Tout ce que j’entends, en dégustant par exemple le Vin d’Omar Khayyam, Enivrez-vous de Baudelaire, Nous et Je vais vous dire de Carl Brouard, Le soleil se lève aussi d’Hemingway, dans lequel tous les personnages font la fête du début à la fin, ou Comédie de la soif de Rimbaud, est un appel à vivre à fond. « Des gens qui n’ont jamais de moments de folie. Quelle horreur que leur vie ! » disait Bukowski. Autrement dit, j’ai toujours lu ces auteurs avec le sentiment de lire la vie. Boire nous libère des contraintes du temps pour accéder à la vie, à la poésie de l’instant…

 

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