L'Humanité

Chronique d'Alain Nicolas publiée le 4 avril 2019 sur l'Humanité

 

Récit « Sous la peau de la Terre »

Une « petite ville européenne industrialisée », aux « abords ordinaires » : ainsi se présente Kiruna au voyageur. Pourtant cette neutralité, cette banalité s’effacent quand on s’approche de la mine. C’est pour elle que Maylis de Kerangal a pris l’avion, puis l’autocar. Pour cette emprise gigantesque sur le paysage. « Kiruna n’est pas une ville, mais un territoire. » La voyageuse cherchait une mine, peut-être en souvenir d’un homme aimé, aussi pour vivre l’expérience d’un espace inconnu, du sous-sol, « de ce qu’il recèle de trésors et de ténèbres ». Kiruna n’est pas seulement la ville la plus au nord de la Suède, où court la veine de fer la plus longue, du minerai le plus pur. C’est aussi le siège du parlement des Samis (appelés à tort Lapons). L’autrice nous fait ressentir, avec l’art consommé dont elle fait montre dans Un monde à portée de main, ce monde au-dessus de quoi nous vivons, et que menace l’effondrement. En témoignent les relations qu’elle tisse avec d’autres mines plus proches, comme Lewarde dans le nord. Avec elle nous pouvons « passer la tête sous la peau de la terre ».

 

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