Mediapart

Des lions comme des danseuses

par Christine Marcandier, le 26 mars 2015

 

"Des lions comme des danseuses confronte l’Europe à ses démons colonialistes, à un passé faussement passé. Le roi de Bangoulap, un village de l’Ouest du Cameroun, ne compte pas se laisser impressionner par les directives européennes et il lance une procédure, en avril 2016, contre le Musée parisien du Quai Branly. « Vous les Européens vous avez la montre ; nous, en Afrique, nous avons le temps. » Sa Majesté réclame la gratuité du musée des arts premiers pour les ressortissants bamilékés — 12 ou 15 € « pour voir les œuvres de ses ancêtres ? ! » —, puisque les œuvres exposées leur appartiennent. L’Union européenne finira par céder, déclenchant, comme dans un « billard à trois bandes », une série de requêtes « excentriques » (vraiment ?) aux conséquences politiques plus larges : « C’était le monde, qui, subrepticement, se retrouvait au bord de la gratuité ». « C’était ça ou l’ouverture des frontières ». En effet, après la gratuité des musées, pourquoi pas les visas gratuits et la libre circulation des hommes ? On reconnaîtra là des enjeux contemporains : la restitution des œuvres d’art spoliées, la reconnaissance de l’histoire de l’Afrique, le complexe de supériorité politique (et culturelle) des ex-pays colonisateurs."

 

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