Mobilis

Un article de Gérard Lambert-Ullmann, dans le magazine Mobilis, publié le 14 novembre :

Vénitien, Roberto Ferrucci voit la lagune envahie par les paquebots du tourisme. À Saint-Nazaire, il découvre la fierté des nazairiens dont les chantiers navals construisent ces paquebots...

Le bonheur des uns fait le malheur des autres, prétend un vieux dicton. C’est un peu la conclusion que l’on pourrait tirer du livre de Roberto Ferrucci. Vénitien, Roberto voit la lagune de sa ville, fleuron de la plus belle époque italienne, très régulièrement envahie par les paquebots monstrueux du tourisme de masse, dont le passage dans les canaux de la vieille cité en secoue les fondements au point d’en menacer la survie. Il s’irrite fort, bien sûr, de cet état de fait contre lequel les vénitiens semblent désarmés.

Puis il est invité à Saint Nazaire, ville où il fait de belles rencontres et qu’il apprécie au point d’y revenir régulièrement. Et, là, il découvre la fierté des nazairiens dont les chantiers navals construisent ces paquebots. Dilemme. Il comprend bien la légitimité de cette fierté, aussi le fait qu’il faut bien gagner sa vie et qu’à Saint Nazaire les chantiers sont un important “bassin” d’emplois. Mais il continue à maudire les mastodontes qui ravagent sa lagune.

Témoigner ici de cette absurdité, c’est le but de ce livre, petit mais dense, qui est bien un livre d’écrivain et non de journaliste, et qui trouve les mots justes pour nous faire sentir le trouble de l’auteur.

C’est aussi un livre qui pose la problématique des rapports des citoyens d’aujourd’hui aux hommes de pouvoir et la difficulté pour “ceux qui croient que le progrès, l’égalité et la solidarité sont des valeurs inaliénables” à ne pas se faire écraser par le “populisme de pacotille”. Un petit livre mais un grand sujet.

 

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