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Lézard contre-offensive

Avec La Femme brouillon, publiée aux éditions La Contre allée, Amandine Dhée tranche dans le vif : elle conjugue maternité et politique dans une langue et un rythme percutants.

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » (Fureur et Mystère, de René Char, 1948)

Cette citation en guise de préambule donne le ton de La Femme brouillon d'Amandine Dhée : vous n'êtes ni au royaume des Bisounours ni au pays de la guimauve.

Par Natacha Margotteau

 

In utero veritas ?

La femme brouillon est décevante. Pour elle, la maternité n'a rien de naturel. Elle n'a jamais cru aux « histoires de spermatozoïdes, de gamètes et d'ovulation ». Elle ne connaît pas la durée de son congé maternité ni comment on tient à jour le carnet de suivi de grossesse avec les bons documents. Son expérience de la douleur se limite au souvenir d'un doigt coincé dans une porte métallique. Elle oublie de prévoir les vêtements de sortie de la maternité pour le bébé - bébé qu'elle ne sait ni changer, ni laver. Pour autant, la femme brouillon n'est pas Pierre Richard, cumulant gaffes et impairs. Elle n'est pas une catastrophe, elle vit une catastrophe – non pas une tragédie mais un de ces événements qui bouleversent une vie et dont les conséquences sont imprévisibles : la maternité.

Blogs, articles et livres à la pelle sont là pour guider les femmes, nous direz-vous.  Mais « cette société qui rêve d'un accouchement propre » avec ses « publicités où le sang des femmes demeure mystérieusement bleu » apparaît dans le livre comme une véritable fabrique de la « Mère parfaite qui fait partie des Grands Projets Inutiles à dénoncer absolument. » Le tout un chacun qui se sent autorisé à dicter la conduite, la sollicitude à géométrie variable, les sujets de conversation réservés, la bien-pensance sur la parentalité, etc… ici, pas question de materner le lecteur.

 

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