Ouest france

Un article d'Agnès Le Morvan daté du 17 août :

Pantani, l'histoire d'un gagnant qui a tout perdu

Le Rennais Jacques Josse signe avec Marco Pantani a débranché la prise un livre poignant, qui retrace le destin tragique du champion cycliste italien idolâtré, puis mort seul d'une overdose, à 34 ans.

Le vélo, pour Jacques Josse, comme pour beaucoup de Bretons, c'est une passion. « J'aime les courses, l'ambiance, tout ce monde qui borde les circuits... Et les coureurs, bien sûr, sans qui le spectacle n'aurait pas lieu. »

Mais parmi les forçats de la route, l'auteur, originaire des Côtes-d'Armor, qui s'éloigne pour la première fois de l'autobiographie, a été littéralement fasciné par Marco Pantani, « sa force, cette envie d'attaquer coûte que coûte, quitte à perdre. Je n'aime pas les calculateurs, mais les coureurs à panache, avec une personnalité. » Marco Pantani, le coureur italien, fait partie de ceux-là. Jacques Josse se souvient de l'avoir vu à Plouha (Côtes-d'Armor), l'année où l'étape du tour est partie de Saint-Brieuc, mais aussi au mythique col d'Aspin, dans les Pyrénées, « à l'époque où l'équipe Festina, bien avant d'avoir été éclaboussée par les affaires de dopage, faisait mener un train d'enfer au peloton. J'ai vu passer Pantani. Il était incroyable ! »

Cocaïne

Jacques Josse retrace l'histoire de cet homme hors du commun, qui grâce au vélo est devenu quelqu'un, a gagné, perdu, chuté beaucoup, parfois gravement mais sans jamais renoncer, idolâtré, jusqu'au scandale lié au dopage qui va l'évincer de la compétition.

« L'homme n'était pas fait pour être cette idole. Embarqué malgré lui dans le sport spectacle, secret, il rêvait sans doute de tranquillité. Il l'a payé cher. » Il mourra dans une chambre d'hôtel, dans une station balnéaire désertique, en plein hiver, à seulement 34 ans et 30 km de chez lui, victime d'une overdose de cocaïne.

Pour son livre, Jacques Josse a épluché la presse de l'époque, entre 1994 et 2004, relu L'Équipe, Ouest-France, Libération, Le Soir, visionné des étapes du Tour de France et du Giro (tour d'Italie), « pour voir comment Pantani respirait, tenait son guidon, abordait la descente, mais aussi le personnage avec son bandana, sa barbichette, son anneau à l'oreille... »

Marco Pantani a débranché la prise est composé de 98 chapitres courts, comme des étapes, des séquences de vie qui défilent, pour balayer sa vie, sans plonger dans la psychologie du personnage ou la vie privée. « C'est le récit d'une vie d'homme, d'un jeune cycliste doué, avec la montagne comme terrain de prédilection, une personnalité incomprise. Un rebelle qui a chuté après avoir tutoyé les étoiles. »

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