Sur la route de Jostein

Billet de blog daté du 17 mars, extrait :

J’ai découvert Makenzy Orcel avec Les immortelles, un roman qui met déjà en valeur la grande poésie de l’auteur.

Fabriche Luchini disait lundi dernier dans l’émission Boomerang, « La poésie, il faut accepter de ne pas la comprendre. »  « ce qui compte, c’est l’agencement des mots. »
La poésie de Makenzy Orcel est belle, violente, troublante et compréhensible même si plusieurs lectures permettent de mieux s’accorder avec la mélodie.

« la rue de ton nouvel ailleurs
est traversée par tous les bars

toutes sortes de folies

d’où tu nous figes d’un regard

qui semble nous dire

bois
baise

même si le temps est assassin.
 »

Comme le titre du recueil le laisse supposer, l’auteur nous plonge dans le registre lexical de la nuit, de l’alcool et des voyages. « La nuit les conte à rebours. »
Les rencontres se font à Port-au-Prince, en Palestine, au Soudan, dans le quartier latin ou à Saint-Denis avec des cœurs cassés, des bâtards, des putains, des « noyés insoumis »

Même si l’univers est sombre, quelques petites notes d’optimisme pointent de-ci de-là.
« Il faut laisser le nuit entrer dans sa vie
pour qu’il y ait un phare quelque part.
 »

«  Je jette mes mains au feu pour atteindre la lumière dans son point de chaleur. »

Le rêve est toujours là sous la brutalité du quotidien, « le rien qui fait rêver« . Et je vous laisse ce court extrait pour mesurer la beauté des textes.

« quand tous les rêvesse mettront à nous plaquer
la nonchalance du souffle
ou les transes du paraître

quel que soit son nom

le vide est total

quand nous n’aurons plus que le doute
pour seule attache

les marécages du poème

et l’insomnie du rêve

n’oublie jamais de le faire debout
s’il faut pleurer.
 »

L’auteur cite de grands poètes (Ribaud, Ferré, Baudelaire, Verlaine…) s’exprimant sur l’alcool en titre de ses poèmes.
« Buvons au temps qui passe, à la mort, à la vie ! » Alfred de Musset

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