Bondy Blog 1 - Critique de La femme brouillon

Amandine Dhée, la maternité sauce piquante

 

Dans sa nouvelle chronique littéraire, Jimmy Saint-Louis dissèque le roman d’Amandine Dhée, “Femme-brouillon”, qui raconte le chemin d’une femme vers la maternité. Un récit fin et drôle sur une féministe bousculée dans ses convictions.

 

Ce court essai sur la maternité vue par une femme aurait pu se nommer de milles et unes manières : “Rendez-vous en terres inconnues”, “Les féministes font des bébés” ou bien encore “Touche pas à mon utérus” ! Pourtant, Amandine Dhée, a décidé de manière consciente et complètement dénué de tout déterminisme social formulé par une société masculine et patriarcale, d’intituler son livre “Une femme brouillon“. La maternité enjolivée par tout un discours hégémonique est décortiquée avec un humour piquant et une introspection efficace dans la psyché d’une future mère.

 

Amandine Dhée part du postulat que la mère est féministe, profondément féministe dans ses convictions et dans ses actions. Tout d’un coup, la voilà qui se retrouve piégée dans les attentes et les fantasmes que ses proches ont sur la maternité. Elle doit patauger pour ne pas tomber dans ses facilités de la mère n’attendant que le maternité pour s’accomplir en tant que femme. Elle est mise à l’épreuve dans ses convictions, se surprend à y prendre goût, mais se sent isolée, presque meurtrie dans la facilité dans laquelle tombent les autres femmes enceintes.

 

On suit les différentes étapes de la maternité, ses différents aspects, de l’annonce de la venue de l’enfant, au changement de ses couches en passant par la phase délicate de l’accouchement. Amandine Dhée ne prend pas de gants, ne fait aucun cas de la bienséance, elle met les pieds dans le plat avec un langage cru, en s’insurgeant avec justesse des clichés qui entourent la maternité.

 

L’approche est proprement philosophique. Il s’agit à la lecture du livre, de poser un débat sur ce que la doxa pense généralement de la maternité pour se réapproprier le discours sur les femmes enceintes trop normalisé. Intelligemment, Amandine Dhée déconstruit des idiomes, un peu comme Voltaire sur l’institution de l’église catholique. Des concepts sont lancés à la volée, la femme lézard, la femme brouillon, le père qui fait mieux les crêpes qu’elle et donc mieux qualifié pour être le porteur de l’enfant.

 

Se lisant d’un trait, nul besoin de progresser dans ce livre d’une manière linéaire ; le lecteur a la possibilité de choisir le chapitre qu’il souhaite sans être le moins du monde dérouté dans le développement de l’histoire. Cela ajoute de la vie et de la couleur à un essai drôle, fin, et accessible à tous.

 

Jimmy SAINT-LOUIS sur Bondyblog.fr

 

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